Les législatives du 27 décembre 2025 ne ressembleront à aucune autre élection. En effet, elles se dérouleront entre trois événements majeurs : l’élection présidentielle - qui vient à peine de rendre son verdict ; les fêtes de Noël – une parenthèse sacrée pour des millions d’Ivoiriens ; et la Coupe d’Afrique des Nations qui commencera exceptionnellement le 21 décembre au Maroc. Comment mobiliser son électorat dans cette configuration inédite ? Les partis politiques ivoiriens devront redoubler d’ingéniosité pour convaincre des électeurs qui auront la tête ailleurs...
À peine quelques semaines après la présidentielle, les élections législatives apparaissent comme un second tour politique non officiel. Elles permettront de mesurer : · la solidité du mandat présidentiel fraîchement obtenu ; · la capacité des partis à mobiliser leur base après une campagne déjà épuisante ; · le niveau d’adhésion populaire aux nouveaux équilibres du pouvoir. Dans un pays à forte tradition partisane, ces législatives testeront la capacité des appareils politiques à rester mobilisés dans la durée, et non seulement pour l’échéance suprême qu’est la présidentielle.
C’est une première en Côte d’Ivoire : des législatives organisées en plein cœur de la période de Noël. Cette temporalité particulière introduit plusieurs défis. D’abord, un défi logistique : mobilité des électeurs en voyage, baisse de l’attention publique, diaspora plus difficile à mobiliser, concurrences symboliques entre célébrations religieuses et mobilisation citoyenne. Ensuite, un défi psychologique : à un moment où les familles cherchent apaisement et festivités, l’intensité de la campagne pourrait être perçue comme intrusive. Mais Noël offre aussi des opportunités stratégiques : · les populations sont rassemblées dans les villages, ce qui peut amplifier la mobilisation dans les circonscriptions rurales ; · les candidats peuvent inscrire leur campagne dans une dynamique de proximité, de générosité et de cohésion sociale, valeurs associées à cette période.
Autre spécificité : ces législatives se dérouleront dans un pays totalement tourné vers la Coupe d’Afrique des Nations, un événement ô combien fédérateur et riche en émotions. La CAN est un véritable aimant médiatique : elle absorbe l’attention, occupe les discussions, monopolise les écrans. Pour les candidats, cela signifie moins d’espace dans les médias classiques, une attention publique plus volatile et un risque réel de dilution du message politique.
Mais ceux qui sauront s’intégrer à l’ambiance nationale pourront profiter d’un levier d’engagement massif. Football, émotions collectives, fierté nationale… cette énergie peut devenir un terrain fertile pour un discours politique positif, optimiste et rassembleur. Les candidats les plus habiles sauront transformer la CAN en opportunité. Rendez-vous dans les QG de campagne lors de l’entrée en lice des Eléphants contre le Mozambique...le 24 décembre !
Les législatives ont d’ailleurs un point commun avec la CAN : elles se gagnent sur le terrain. Dans les quartiers, dans les villages, auprès des chefs traditionnels, des communautés et des jeunes. L’élection repose sur trois dynamiques clés :
“Terrain + digital” : pour rafler la mise, il faudra performer sur les deux tableaux. Car les joutes politiques ivoiriennes se sont radicalement digitalisées ces dernières années. En ce mois de décembre 2025, les candidats devront donc naviguer en bons capitaines entre : · les panels Facebook, véritables tribunaux populaires ; · les micro-vidéos TikTok, indispensables pour capter la jeunesse ; · les groupes WhatsApp, où peuvent se gagner et se perdre les batailles de réputation ; · l’écosystème des influenceurs locaux. A la fois festives et sportives, elles s’annoncent bon enfant ces législatives !